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Régénérer sa peau

Feuille - nature

Rempart contre les agressions, notre peau est soumise à rude épreuve. Pour l’aider à se régénérer et à rester tonique et fraîche, plusieurs essences aromatiques connues depuis des siècles peuvent se révéler utiles, en particulier l’encens, la carotte, le cèdre de l’Atlas et la myrrhe.

Assurant l’élimination de bon nombre de toxines pour préserver l’homéostasie de l’organisme, rempart contre les agressions de l’environnement, la peau est douée d’une étonnante faculté d’auto-réparation. C’est, entre autres, grâce à la régénération cellulaire – faculté originelle présente pour tous les tissus vivants – qu’elle maintient sa cohésion. Ce renouvellement se fonde sur le principe que chaque cellule est programmée pour mourir à un moment donné et renaître aussitôt, en dupliquant son ADN, pour que le tissu auquel elle appartient conserve son intégrité au fil du temps. L’apoptose, c’est-à-dire la mort cellulaire, est nécessaire à ce renouvellement permanent des tissus et des organes.

Chaque cellule possède une mort programmée, mais les longévités varient : les cellules osseuses vivent 7 ans, celles du sang 2 à 7 jours, celles de l’épiderme se renouvellent en 28 jours… Lorsque cette espérance de vie fluctue, un profond déséquilibre s’installe au sein du tissu. Si la régénération est trop rapide, la peau se desquame et s’enflamme comme dans les états psoriasiques, où les cycles se raccourcissent à une semaine. À l’inverse, chez la personne âgée, ce cycle de 28 jours passe à 60, la peau vieillit, s’affine et perd ses fonctionnalités. À l’extrême, si la cellule perd totalement cette capacité à mourir, c’est le signe qu’elle est devenue cancéreuse. Qu’il s’agisse de rajeunir l’épiderme ou de l’embellir, ou bien de booster la cicatrisation, il existe bon nombre d’actifs naturels régénérateurs cellulaires.

Les plantes aromatiques sont utilisées depuis la nuit des temps à des fins dermatologiques. La lavande, la myrrhe, la carotte, le tea tree, et bien d’autres parfument depuis des siècles les onguents cicatrisants, les baumes éclaircissants, les crèmes de beauté, les cataplasmes désinfectants. Ces quintessences ont la faculté d’accélérer la temporalité et de permettre au corps de sublimer son potentiel dans les situations extrêmes.

Des principes actifs restructurants

Mais d’où vient ce supplément d’âme de la plante aromatique ? Ce végétal fait partie des êtres botaniques supérieurs sur l’échelle d’évolution. Les molécules aromatiques dégagent de l’avis général une aura particulière. On a remarqué que, lorsque la plante aromatique est attaquée par un prédateur, ou que ses feuilles ou son tronc s’abîment, elle sécrète des molécules spécifiques, destinées à la régénérer. Ses souffrances modifient sa chimie.

Prenons l’exemple des oléorésines, sucs aromatiques qui exsudent du tronc de la plante. Elles sont distillées pour donner des HE toutes réputées pour leurs propriétés dermatologiques. Ainsi, les arbres à myrrhe, à encens, ou encore les cistes pleurent des larmes aromatiques de leurs bois et fournissent des HE aux puissantes vertus cicatrisantes, anti-inflammatoires, astringentes, et même défibrosantes. Des HE qui sont même utilisées dans les cas les plus délicats d’escarres de fin de vie. Intégrés dans une formulation adaptée, ces principes profondément restructurants ont la capacité de corriger les marques les plus anciennes ou les plus profondes. L’évocation spirituelle de la myrrhe, de l’encens et du ciste présente dans la Bible n’est pas un hasard. Un hommage bien légitime rendu à ces essences aromatiques !

Estomper les cicatrices

Il y a parfois danger à vouloir trop bien faire. Certaines peaux rappellent cette vérité en ayant tendance à cicatriser en faisant des boursouflures. Cela arrive souvent à...

; l’adolescent ou l’adulte jeune, et plus fréquemment aux peaux foncées. Comme dans le cas d’une cicatrice qui déborde, les cellules se régénèrent trop et créent une excroissance très inesthétique, plus ou moins sombre. C’est ce qu’on appelle une cicatrice chéloïde. Une fois constituée, pour l’estomper, il faudra cibler et concentrer dans une même formule des actifs exfoliants pour lisser l’épiderme. Cette tumeur, bénigne, provoque des démangeaisons et évoque un surplus de production, mais aussi un défaut de dégradation des cellules fibroblastiques, et donc un profond déséquilibre dans le programme cellulaire. En effet, l’équilibre entre la régénération cellulaire et l’apoptose est rompu.

Voilà un axe thérapeutique pour les HE aux propriétés anti-cancer et antiprolifératives avérées, comme l’encens et la myrrhe. Elles jouent le rôle de garde-fou au cas où la machine déraille. De multiples publications illustrent les propriétés anti-cancer de l’HE d’encens, qui n’a par ailleurs aucun caractère de toxicité intrinsèque et possède une très bonne tolérance cutanée.

Une peau fraîche et lumineuse

L’intégrité du tissu cutané dépend aussi de sa cohérence. Il existe bon nombre de cellules différentes au sein de l’épiderme, du derme et de l’hypoderme.
Les kératinocytes enveloppent et protègent ; leur équilibre donne une peau ni trop fine, ni trop épaisse. Les fibroblastes synthétisent tous les précurseurs du collagène, de l’élastine et autres protéines de maintien. Ils assurent une peau à la fois tonique et élastique. Les mélanocytes pigmentent la peau pour la protéger des UV. S’ils ne sont plus fonctionnels, le teint n’est plus uniforme. Il existe même des structures glandulaires en charge de l’excrétion de sébum et d’autres de la transpiration. Leur équilibre assure une peau convenablement hydratée, fraîche et lumineuse.

Parmi les HE, il est possible d’intégrer dans une même formule des actifs spécifiquement adaptés à chaque acteur. L’HE de carotte, en plus de ses propriétés régénératrices cellulaires, a des propriétés dépigmentantes sur les zones hyperpigmentées. L’HE de cèdre de l’Atlas a quant à elle un effet bénéfique sur la finesse du grain de la peau : elle est très appréciée des peaux épaisses, grasses ou eczémateuses.

Bien au-delà d’un effet cosmétique, les HE sont des outils puissants et efficaces. Pour s’en rendre compte, il suffit de réaliser un petit test tout simple : déposer une goutte pure (sans être diluée dans une HV) de l’une ou l’autre de ces HE sur la peau, sans même la masser. Vous verrez : elle pénètre instantanément, littéralement happée et assimilée, et imprègne toutes les couches de la peau pour œuvrer à tous les étages, jusqu’au tissu de maintien cutané, à savoir l’hypoderme.

Peeling aromatique

Pour aider la peau à s’affiner, par exemple en cas de vieilles cicatrices, de peau grasse épaisse ou acnéique, les HE kératolytiques offrent des perspectives d’amélioration au long cours. Cèdre de l’Atlas, lavande aspic et romarin à verbénone gomment et exfolient en douceur.

À faire
Dans un flacon de 10 ml, mélanger :
• HE cèdre de l’Atlas 2 ml
• HE lavande aspic 2 ml
• HE romarin à verbénone 2 ml
• HE hélichryse italienne 1 ml
• baume copahu 2 ml.

Appliquer localement 2 à 3 gouttes matin et soir jusqu’à amélioration (au moins 3 mois).

Ma formule - Uniformiser sa peau

Propriétés
Régénératrice cellulaire, régulatrice de la mélanogenèse, astringente, exfoliante et correctrice de la surface de l’épiderme, anti-inflammatoire percutané, antiride.
Indications
Correction de peaux cicatricielles du visage et du reste du corps : boutons d’acné, plaie chirurgicale, taches d’hyperpigmentation, zones rouges et sensibles, cicatrices chéloïdes.

HE myrrhe (1 ml)
Commiphora myrrha
HE encens (1 ml)
Boswelia carterii
HE carotte (1 ml)
Daucus carota
HE cèdre de l’Atlas (0,5 ml)
Cedrus atlantica
HV périlla (QSP 30 ml)
Perilla frutescens

Propriétés
Prendre un flacon vide en verre teinté de 30 ml muni d’un compte-gouttes capillaire, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, compléter jusqu’en haut avec l’HV de périlla, refermer et agiter.
Voie cutanée
Appliquer en quantité suffisante sur la ou les cicatrices à estomper, matin et soir pendant 2 à 4 mois, jusqu’à amélioration satisfaisante.
Contre-indications
Enfants de moins de 7 ans, femmes enceintes et allaitantes, épileptique.
Test allergie
Les HE sont potentiellement allergisantes. En cas de doute, faire le test allergique avant utilisation. Déposer à 15 minutes d’intervalle, 2 fois 1 goutte de la synergie à l’intérieur du pli du bras, là où la peau est fine, et observer s’il n’y a pas de développement de rougeurs ou de démangeaisons, pendant 48 heures si possible.

L’hélichryse pour limiter les hématomes

L’hématome est un processus naturel qui correspond à la mobilisation de toutes les cellules immunitaires pour réparer le tissu meurtri. Il est souvent associé à un oedème et dure de 3 à 10 jours selon l’intensité du choc et la capacité d’auto-régénération de la peau. Certaines peaux ont tendance à « marquer » au moindre accroc ou choc. Au-delà de la carence en acide gras essentiel, type oméga 3, ou du manque d’hydratation de l’épiderme ou encore d’un problème circulatoire (prise de médicaments anticoagulants), il y a un actif aromatique qui n’a pas d’égal en matière d’efficacité anti-hématome : l’HE d’hélichryse italienne. Dès que possible, elle s’applique pure sur la zone meurtrie, même à l’état de trace. Elle évite la formation de l’hématome : en contraignant les hématies à rester dans le réseau circulatoire, elle exerce une action réparatrice très rapide.

À faire
Appliquer 2 ou 3 fois si nécessaire à quelques dizaines de minutes d’intervalle, tant que la zone semble vouloir gonfler. Cette HE peut être utilisée sur les pétéchies, les perfusions douloureuses et toute zone traumatisée et abîmée, quelle que soit la nature du traumatisme, l’hélichryse saura prévenir tous les bleus. A posteriori, sur un hématome ancien, elle accélèrera son rythme de résorption.

En cas de plaie profonde, les gestes qui sauvent

Lorsque survient une situation d’urgence, les réflexes et les gestes de secours prodigués à la victime se révèlent parfois déterminants pour la réparation future des tissus en souffrance, ou bien même pour la survie de la personne. Lorsque la peau subit une brèche hémorragique, l’asepsie de la plaie doit être absolument impeccable pour éviter toute surinfection et optimiser la réparation à venir des tissus. Après avoir pris soin de laver la lésion cutanée à l’eau savonneuse pour la débarrasser des poussières et autres facteurs d’infection, l’HE de tea tree doit être appliquée pure, directement dans la plaie, à raison d’une à deux gouttes. Antalgique, elle soulage dès son application. Ses propriétés antibactériennes débarrassent la zone de toutes les bactéries pathogènes, tout en préservant la flore naturelle dermatologique.
Si la plaie est hémorragique, avant de procéder à la compression mécanique, l’HE de ciste labdanifère, déposée à raison de 1 à 2 gouttes pures après le tea tree, permettra d’accélérer la coagulation, de colmater la blessure et même d’accompagner, dès que possible, la régénération cellulaire. Cette dernière peut être appliquée pure pendant quelques jours en suivant la même méthode 1 à 2 fois par jour pendant 3 à 5 jours.

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