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Des huiles essentielles contre la mycose des ongles

Tea Tree

Des champignons peuvent contaminer les orteils et plus spécifiquement les ongles des pieds. Certaines huiles essentielles permettent de lutter contre cette colonisation. Nos conseils pour les utiliser à bon escient.

L’infection des ongles des pieds par des champignons, appelée mycose unguéale ou onychomycose, est une affection courante. Elle concerne 6 à 9 % de la population et est encore plus fréquente en vieillissant (près d’une personne sur deux après 70 ans). Les champignons sont des micro-organismes, ou microbes, très répandus dans l’environnement et dans l’organisme notamment au niveau de la peau et des muqueuses du système digestif et génital. En règle générale, ils vivent en harmonie avec les différentes flores bactériennes s’empêchant mutuellement de trop se développer. Cependant certains facteurs exogènes (présence de champignons dans le milieu, température, humidité, prise d’antibiotiques…) ou endogènes (affaiblissement du système immunitaire, diabète…) peuvent rompre cet équilibre fragile et entraîner la multiplication des champignons avec l’apparition d’une mycose. Ceux-ci sont très contagieux et peuvent, donc, proliférer par contact direct entre humains ou avec un animal ou avec une substance contaminée (surface, objet, bout d’ongle). L’onychomycose est causée par différents types de champignons, principalement des dermatophytes ­appartenant aux genres Tricophyton, Microsporum et Epidermophyton. Ils se nourrissent de kératine, une protéine présente dans les phanères dont font partie les ongles. Elle touche, en général, le gros et le petit orteil qui deviennent jaune brun, douloureux, s’épaississent et changent de forme.

La mycose unguéale peut causer des dommages irréversibles aux ongles atteints. Il est donc important de les soigner dès l’apparition des premiers symptômes, un changement de l’aspect de l’ongle, de sa couleur et (ou) de sa forme. Un diagnostic médical avec prélèvement et analyse microscopique et (ou) mise en culture est parfois nécessaire pour confirmer l’infection. Car elle peut être confondue avec le « syndrome des ongles jaunes », un psoriasis ou une onychodystrophie qui sont des troubles de la croissance de l’ongle dus à de nombreux microtraumatismes, notamment chez les sportifs. Dans la majorité des cas, le médecin donnera un traitement antifongique par voie orale et (ou) locale qui durera entre un et trois mois, mais qui s’avère souvent inefficace. De plus, ces traitements conventionnels, par voie orale, ne sont pas dénués d’effets secondaires et affectent l’équilibre physiologique de l’organisme. Nombreux sont ceux qui détériorent les flores intestinale, vaginale ou cutanée, en créant des déséquilibres propices à la multiplication de germes saprophytes et pathogènes.

Certaines personnes sont plus sujettes à cette infection que d’autres. Différents facteurs comme l’âge, le terrain génétique, une transpiration abondante, le port de chaussures en plastique, une mauvaise circulation des membres inférieurs ou un système immunitaire fragilisé prédisposent à la mycose. Quel que soit « le terrain » sur lequel elle s’est développée, il est important de la soigner rapidement. Il est alors conseillé de prendre des huiles essentielles immunostimulantes par voie orale tandis que d’autres, antifongiques, mais aussi anti-­infectieuses, sont à appliquer sur l’ongle.

Règles d’hygiène pour éviter la...

contamination

  • Porter des chaussettes en coton et les changer régulièrement surtout si elles sont humides.
  • Porter des chaussures aérées, éviter les chaussures en plastique qui retiennent l’humidité.
  • Se laver les pieds sous la douche et bien les sécher.
  • Changer de serviette régulièrement et ne pas la partager.
  • Porter des sandales adaptées dans les douches ou les piscines publiques.
  • Se couper les ongles des orteils très régulièrement. Éviter qu’ils ne soient trop longs.
  • Désinfecter, avec une solution hydroalcoolique, les ciseaux et les instruments utilisés pour soigner les ongles.
  • Se nettoyer les mains après avoir touché les ongles.
  • Ne pas mettre de vernis à ongles tant qu’il y a l’infection.

Géraniol, ester, phénol…

Les huiles essentielles sont souvent d’une efficacité redoutable par voie orale et locale. Une infection microbienne est souvent due à un terrain fragilisé. Des études récentes sur le microbiote intestinal prouvent en effet qu’il influence le système nerveux et l’immunité. Sa préservation est donc fondamentale afin d’obtenir une guérison durable. Or, dans la majorité des cas, les traitements naturels le protègent ; en effet, les huiles essentielles sont dites « eubiotiques » ce qui signifie qu’elles protègent la vie et, par extension, elles maintiennent les équilibres physiologiques du corps.

Les huiles essentielles choisies pour cette affection sont donc des substances anti-­infectieuses, notamment des antimycosiques puissantes. L’huile essentielle de palmarosa (Cymbopogon martinii) contient entre 80 et 90 % d’alcools terpéniques, dont environ 75 % de géraniol qui est considéré comme le plus anti-infectieux des monoterpénols. Il est particulièrement efficace contre les champignons. L’huile essentielle de tea tree ­(Melaleuca alternifolia) contient environ 45 % de monoterpènes et 45 % d’alcools terpéniques, dont du ­4-terpinéol qui lui donne une activité anti-infectieuse polyvalente notamment antifongique au niveau de la peau et des phanères. L’huile essentielle de laurier noble (Laurus nobilis) est polyvalente. Elle est riche en différents constituants biochimiques aux propriétés multiples. Elle contient des oxydes, des monoterpènes, des alcools terpéniques, des esters, des sesquiterpènes, des phénols… qui lui confèrent une activité fongicide légère, mais intéressante. L’huile essentielle de clous de girofle ­(Eugenia caryophyllata) contient environ 80 % de phénols dont principalement de l’eugénol. Les phénols sont connus pour leurs puissantes activités antibactériennes, antivirales, antifongiques et antiparasitaires. Cependant, les mélanges à appliquer localement sont peu concentrés en huiles essentielles à phénols à cause de leur dermocausticité. À savoir avant de commencer : les traitements antimycosiques naturels sont longs (mais ceux de synthèse aussi). Ils seront arrêtés uniquement lorsque l’ongle aura retrouvé un aspect normal.

Deux traitements simultanés pour soutenir l’organisme

  • Pour soutenir le foie 

Les affections de la peau, des muqueuses et des phanères nécessitent souvent une détoxification hépatique afin de soulager le foie dans sa fonction dépurative. Toutefois, en phytothérapie et en aromathérapie, il est d’usage de dire qu’il faut drainer le foie et les reins afin d’entraîner toutes les impuretés hors de l’organisme. L’hydrolat de livèche est un excellent détoxifiant hépatique tandis que l’hydrolat de genévrier est diurétique. Prendre une cuillerée à soupe d’hydrolat de livèche (Levisticum officinale) et 1 cuillerée à soupe d’hydrolat de genévrier (Juniperus communis), dans un grand verre d’eau, le matin, pendant 3 semaines. Arrêter une semaine et recommencer pendant 3 semaines.

  • Pour booster le système immunitaire

Les champignons ont tendance à se développer rapidement quand notre système immunitaire est affaibli. Il est donc important de le soutenir avec une huile essentielle adaptée. L’huile essentielle de tea tree est anti-infectieuse et immunostimulante ; elle assure la défense du système immunitaire dans sa lutte contre les champignons. Prendre 2 gouttes d’huile essentielle de tea tree (Melaleuca alternifolia) directement sous la langue ou dans une cuillerée à café de miel, tous les matins, pendant 3 semaines. Arrêter une semaine et reprendre pendant 3 semaines. Renouveler l’opération tous les deux mois.

Éviter la contagion

Les champignons sont très contagieux. Un bout d’ongle infecté pourra, très facilement contaminer par contact une autre personne. Il sera donc impératif de mettre en place un certain nombre de précautions au quotidien, mais aussi lors des soins. Il est nécessaire de récupérer tous les ­fragments d’ongles, même les plus petits, dans une ­serviette qui sera ensuite lavée à 60 °C. Afin d’éviter une auto-infestation, tous les instruments seront désinfectés, après usage, avec une solution hydroalcoolique. Les limes à usage unique sont recommandées.

Comme de nombreuses affections microbiennes, plus le traitement naturel sera pris tôt, dès l’apparition des premiers symptômes, plus les chances de guérison, en un laps de temps plus ou moins long, seront importantes. Il est donc essentiel de surveiller régulièrement l’aspect des ongles qui deviennent ternes, se décolorent, s’épaississent et s’effritent lorsqu’ils sont attaqués par un champignon. Et si l’aspect de l’ongle n’évolue pas de manière favorable au bout d’un mois, il pourra être utile de réaliser une analyse pour vérifier l’origine de ­l’infection.Pascale Gélis-Imbert

Ma formule

Soigner une mycose de l’ongle

Propriétés : anti-infectieuse, antifongique.

Indications : traitement local des mycoses unguéales.

  • HE de palmarosa (Cymbopogon martinii) 20 ml
  • HE de tea tree (Melaleuca alternifolia) 20 ml
  • HE de laurier noble (Laurus nobilis) 10 ml
  • HE de giroflier (Syzygium aromaticum) 5 ml
  • Huile végétale d’argan QSP 100 ml

Mode d’emploi : Mettre une serviette propre sous le pied infecté. Limer l’ongle au bout et dessus, légèrement, en douceur, une fois par semaine. Prendre 2 gouttes du mélange et l’appliquer sur l’ongle en massant pendant 1 à 2 minutes, 2 à 3 fois par jour, pendant 4 à 6 mois. Replier la serviette pour retenir les bouts d’ongle et la laver afin de ne pas infester l’entourage. Se débarrasser d’une mycose peut être long, il faut donc renouveler la formule. Il est nécessaire d’assurer une guérison complète afin d’éviter de contaminer d’autres ongles et de prévenir les récidives. Il est très important de bien se laver les mains après chaque soin. Regarder régulièrement tous les ongles pendant et après le traitement pour surveiller l’évolution de l’affection.

Précautions d’emploi : Ce traitement est contre-indiqué aux femmes enceintes, car les huiles essentielles de palmarosa et de giroflier provoquent des contractions utérines. Si l’on n’a jamais eu recours à une huile essentielle, il faut tester sa tolérance avant de l’utiliser. Mettre une goutte de cette huile essentielle à l’intérieur du coude. Si aucune rougeur n’apparaît après 30 à 60 minutes, il est possible de l’appliquer en toute sécurité. L’huile essentielle de giroflier étant dermocaustique, il faut la diluer, au préalable, dans 2 ml d’une huile végétale.

HE : huile essentielle.1 ml = 25 gouttes.QSP = quantité suffisante pour.

 

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