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Plantes et médecines naturelles : bien choisir sa formation (2/6)

botanique

Herboristerie : Plusieurs écoles pour se former

Bien que le diplôme d’herboriste n’existe plus depuis 1941 en France, des formations ont su répondre à l’intérêt du public pour la santé par les simples. Plusieurs écoles formant à l’herboristerie se sont battues, pour préserver et perpétuer ce savoir ancestral. Elles proposent un enseignement complet, accessible à tout type de public. Un niveau baccalauréat est fortement recommandé, mais la motivation reste le facteur de réussite le plus important pour obtenir son certificat. La plus ancienne école, l’Institut méditerranéen de documentation, d’enseignement et de recherches sur les plantes médicinales (Imderplam), existe depuis 1974. Très vite, dans les années 1980, se sont ouvertes L’École des plantes de Paris (EDPP), l’École lyonnaise des plantes médicinales et des savoirs naturels (ELPM) et l’Association pour le renouveau de l’herboristerie (ARH), en Ardèche. En 1995, c’est le tour de l’École bretonne d’herboristerie, Cap Santé.

Ces cinq écoles se sont regroupées au sein de la Fédération française des écoles d’herboristerie (FFEH), pour être force de proposition alors que le débat est rouvert concernant le diplôme et le statut d’herboriste. À l’heure actuelle, les écoles travaillent notamment sur l’élaboration d’un tronc commun de formation et d’un référentiel métier, descriptif des compétences de l’herboriste certifié qui permettra aux élèves d’être mieux reconnus sur le marché de l’emploi.

L’étude de la botanique, et la reconnaissance des plantes tiennent une place importante au cours des deux à trois ans de tronc commun. « Nous sommes des écoles de passion », explique Patrice de Bonneval, directeur de l’École ­lyonnaise. Les formations se déroulent en présentiel, mis à part l’Institut français d’herboristerie et l’école Cap Santé, dont l’enseignement se fait à distance, complété par des séances sur le terrain. L’enseignement est aussi pratique avec des visites chez des producteurs de plantes médicinales, des sorties botaniques, la fabrication de remèdes à base de plantes… « Nous souhaitons permettre à nos élèves de connaître les plantes sur le terrain sans qu’ils aient de doute, qu’ils sachent les cueillir, les transformer, les utiliser, et les conseiller, afin de devenir complètement autonomes », confirme Nathalie Havond, directrice de l’Imderplam. Autre avantage de l’école, cette dernière possède un jardin de plantes médicinales accessible aux étudiants, tout comme l’école Cap Santé, et prochainement l’École lyonnaise. Pour prétendre au certificat d’herboriste, il faudra compter au minimum deux ans de formation. L’Imderplam propose jusqu’à quatre années de cours, avec...

une dernière année de spécialisation dans le conseil lié au soin. L’école se distingue également par ses modules de médecine traditionnelle chinoise et d’homéopathie, tandis que celle de Lyon aborde l’aspect non visible du végétal « Nous avons notre ­tradition quelque peu ésotérique ! Nous allons travailler sur le ressenti, ce qui complète le savoir ­scientifique sur les plantes », ajoute Patrice de Bonneval.

Aussi, une autre école devrait prochainement rejoindre la fédération. Il s’agit de Plantasanté, jeune structure ouverte en Alsace depuis 2009 par Élisabeth et Christian Busser, docteurs en pharmacie, passionnés de plantes médicinales. L’école propose une formation certifiante en deux ans de phyto-aromathérapie, herboristerie et médecines naturelles, incluant des sorties botaniques et un stage. « Nous sommes situés en pleine nature et nous avons six jardins de plantes médicinales à disposition des élèves », confie Christian Busser. Autre formation originale, celle du botaniste François Couplan qui propose un cursus de trois ans au Collège pratique d’ethnobotanique. « À mon avis, le plus important, explique-t-il, est d’offrir à chacun les moyens de développer sa relation personnelle à la plante et de découvrir une autre façon, peut-être plus juste, de voir le monde. » À raison d’un week-end par mois plus deux semaines par an, ou par correspondance, vous êtes initié à l’utilité et à la beauté des plantes sauvages. À savoir, la plupart des écoles ont également adapté leurs formules pédagogiques avec des formations à la carte, plus courtes. Enfin quel que soit votre choix, pensez à vous y prendre à l’avance, les promotions sont vite remplies. Pour celles et ceux qui sont moins disponibles ou qui préfèrent suivre des cours à distance, le naturopathe et botaniste Christophe de Hody propose deux formations en ligne  axées sur la botanique, la cueillette et la conception de remèdes via son site Le Chemin de la Nature.

Les formations universitaires 

Enfin, si vous préférez une formation universitaire, les DU ou DIU en phytothérapie sont reconnus par les Conseils de l'Ordre des Pharmaciens et des Vétérinaires. Ils s'adressent aux diplomés de médecine, pharmacie, médecine vétérinaire, sage-femme. Ils comprennent un enseignement théorique des plantes médicinales, mais aussi un apprentissage à la reconnaissance des plantes étudiées. Les sessions animées par des médecins phytothérapeutes abordent les aspects pratiques de Phytothérapie clinique et sont articulées par type de pathologies. Il en existe dans plusieurs villes de France dont Besançon, Nantes, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand, Lyon ou encore Bobigny (ouvert à tous).

Les débouchés

En fonction des profils et des projets professionnels, la certification en herboristerie autorise la vente libre de 148 plantes et de leurs dérivés en pharmacies, herboristeries, magasins bio… Pour les professionnels de santé qui s’intéressent à des approches plus naturelles, elle permet de mettre en place des protocoles de soins construits autour de leur usage, de créer une activité agricole, d’élaborer et de vendre des produits issus de la cueillette ou de la culture, ou encore de former autour des plantes.

Un tout nouveau diplome

Les universités proposent des diplômes universitaires (DU) de ­phytothérapie, enseignement plutôt réservé aux médecins, aux ­pharmaciens ou aux vétérinaires (à consulter sur le site plante-et-sante.fr). Toutefois, une licence professionnelle « Industries pharmaceutiques cosmétologiques et de santé : gestion, production et valorisation » vient de voir le jour à l’université Paris-V (Paris-Descartes). Ce diplôme entend former des conseillers spécialisés en ­herboristerie et en produits de santé à base de plantes. Il est accessible aux ­titulaires d’un BTS diététique, d’un brevet professionnel (BP) de préparateur en pharmacie, d’une licence en sciences de la vie, en sciences pour la santé ou d’un autre bac + 2 compatible.

Repères

  • Entre 400 et 450 heures de cours pour le certificat d’herboriste.

  • Étude de près de 260 monographies de plantes médicinales.

  • Pour une formation ­d’herboriste en présentiel, il faut compter entre 720 et 3 000 euros par an.

Témoignage

Julie Yadi, jardinière et productrice de plantes médicinales au Mob Hotel à Saint-Ouen

En participant à des ateliers de reconnaissance de plantes médicinales, à des cueillettes et à des randonnées, je suis plus sûre de moi et plus autonome pour faire bon usage des végétaux. Comme je produis des plantes médicinales, je révise en permanence ! Pendant ma formation, j’ai beaucoup apprécié les sorties botaniques démontrant les liens entre la flore et son environnement. En revanche, les cours de physionomie m’ont demandé plus de travail. Mais aujourd’hui, je peux dire que ma formation à l’École des plantes de Paris me permet de comprendre la quarantaine de plantes que je produis, mais aussi d’expliquer leurs bienfaits aux personnes qui les achètent. 

Retrouvez Les jardins de Julie sur Facebook et Instagram. 

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