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Plantes et médecines naturelles : bien choisir sa formation (3/6)

naturopathie

Naturopathie : ou et comment se former ?

La naturopathie est une pratique de santé fondée sur des principes d’hygiène de vie qui nécessite un apprentissage de qualité. Pour pouvoir revendiquer le statut de naturopathe, il va falloir acquérir des connaissances concernant une dizaine de techniques, que ce soit la nutrition, le massage, la réflexologie ou la phytologie, (phytothérapie, aromathérapie, florithérapie, gemmothérapie). Et ce n’est pas tout. Il sera difficile de faire l’impasse sur de bonnes connaissances en anatomie et en physiologie. C’est pourquoi le suivi de ces études nécessite un niveau baccalauréat ou un diplôme équivalent.

Le métier commence à être plébiscité par les Français et une certification en naturopathie est désormais reconnue par l’état. C’est chose faite pour le Centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) d’Hyères-les-Palmiers. « Le titre de conseiller(ère) en naturopathie a été enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles le 21 avril 2017 », précise le docteur Philippe Stefanini qui a monté le dossier auprès des ministères du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Avantage pour les diplômés de cette école : ils pourront intégrer des établissements publics (hôpitaux, Ehpad…). Ce cursus totalise 665 heures de cours sur une période de douze mois. Il se poursuit par un stage de 350 heures et est validé après la remise d’un mémoire présenté devant un jury de ­professionnels.

Les établissements qui n’ont pas encore reçu cette validation officielle ont-ils un niveau moindre ? Sûrement pas, si on suit une des formations agréées par la Fédération française des écoles de naturopathie (Féna). Huit écoles bénéficient de cet agrément (Anindra, l’Académie de vitalopathie, le Collège européen de naturopathie traditionnelle holistique appelé le Cenatho, le Dargère Univers, Euro Nature, l’Institut Hildegardien, l’Isupnat). Après, leurs études, les élèves reçoivent d’ailleurs un double certificat de la fédération et de leur école. Et la Féna poursuit ses démarches pour obtenir la reconnaissance par l’état de ces certificats.

Les écoles de la Féna délivrent un enseignement commun de 894 heures pour un total d’au moins 1 200 heures rythmées par plusieurs examens, des stages et un mémoire. De plus, chaque établissement consacre 400 heures minimum à des domaines spécifiques. ­ « À l’Isupnat, nous mettons particulièrement l’accent sur l’anatomie et la physiologie, l’hygiène de vie et notamment la nutrition », souligne Frédéric Boukobza, directeur de l’établissement. Au Cenatho, l’enseignement sur la psychologie et les pratiques énergétiques a été développé, tout comme les fondements de la médecine chinoise. « La naturopathie ne peut pas se résumer...

à des changements alimentaires et à suivre des cures de détoxination. Il faut prendre en compte l’aspect énergétique et même spirituel du consultant », souligne, Daniel Kieffer qui coordonne les formations au sein de l’école.

Dans le groupe Euro Nature – six écoles en France – un enseignement plus poussé est prodigué sur la phytothérapie, l’aromathérapie, les élixirs floraux et les compléments alimentaires. « Et nous entraînons régulièrement nos élèves à pratiquer des consultations supervisées par des professionnels », explique Nathalie Danizan, directrice du groupe Euro Nature. Dans l’est de la France, l’Académie de vitalothérapie regroupe quatre facultés libres de naturopathie à Dijon, Colmar, Pont-à-Mousson et Cluses, en Savoie. « Dans nos centres, la formation est axée sur une approche scientifique de la naturopathie. Outre la formation de praticien certifiée par la Féna, nous avons créé les premiers titres de Bachelor en naturopathie (bac + 3) et un titre de Mastère en naturopathie (bac + 5) accrédités par la Fédération européenne des écoles (Federation for Education in Europe) », indique le docteur Diaw Alioune, directeur et président de la Féna.

Implanté à Rennes et à Vannes, l’Institut Hildegardien a rejoint la Féna pour transmettre les préceptes d’Hildegarde de Bingen, religieuse et thérapeute qui vécut au XIe siècle. « Nous enseignons la phytothérapie classique, à laquelle s’ajoute le point de vue complémentaire d’Hildegarde de Bingen. De plus, nos élèves sont capables de formuler des tisanes et des complexes d’huiles essentielles à la sortie de leur formation », souligne Mélody Molins, directrice de l’Institut Hildegardien.

L’organisation professionnelle des naturopathes – Organisation de la médecine naturelle et de l’éducation sanitaire (OMNES) – reconnaît d’autres écoles non affiliées à la Féna. C’est le cas de la Faculté libre de médecine naturelle et d’ethnomédecine (FLMNE). « La phytothérapie chinoise ainsi que des cours d’aromathérapie et d’aromacologie (olfactothérapie) constituent des points importants de notre formation. Même l’homéopathie a fait son entrée dans le cursus de praticien en naturopathie », souligne Hubert Willem, son directeur. De l’homéopathie que l’on retrouve sous la forme d’une initiation dans les programmes de l’École de naturopathie appliquée et de médecines complémentaires (ENA & MNC) du Jura. Le programme classique est complété par des ateliers comme la reconnaissance des plantes, l’enseignement des épices, la cuisine des plantes sauvages ou les massages. Enfin, deux écoles plus récentes, l’Académie de naturopathie essentielle (ANAE) et l’Institut de naturopathie humaniste (INH) appuient leur enseignement sur l’e-learning. Un mode d’apprentissage plus vivant que la simple formation par ­correspondance. Mais qui ne remplace toutefois pas la pratique !

Repères

  • Entre 665 heures et 1 600 heures de formation. Le cursus moyen est de 1 200 heures. Les heures de stages, les temps consacrés aux examens ou à l’élaboration du rapport de stage ou du mémoire ne doivent pas être comptabilisés dans ce forfait. Les ateliers pratiques sont compris dans le cursus.

  • La durée des études varie d’un à trois ans. Différents cycles sont proposés pour ­obtenir un ­certificat de ­praticien en ­naturopathie. ­Prévoir jusqu’à cinq ans pour un Mastère à l’Institut de ­vitalopathie de Dijon.

  • Le coût total de la ­formation complète varie de 8 900 à 13 500 euros.

Témoignage

Virginie Trillot, naturopathe

Après un Mastère et plusieurs postes de responsable qualité, une partie de moi restait en recherche de sens. Quand j’ai entendu parler de la naturopathie, j’ai tout de suite su que c’était fait pour moi. Très vite, j’ai négocié une rupture conventionnelle pour entreprendre une formation à l’Isupnat. Toute ma vie en a été bouleversée. Durant ces études, je me suis d’abord soignée en me sevrant du sucre car je commençais à développer une fibromyalgie à cause d’une candidose intestinale. Et je me suis mise au yoga. À l’issue de cette formation, j’ai repris un poste alimentaire pour financer un long périple en Amérique du Sud, effectué en solitaire, qui m’a permis d’assimiler ma nouvelle orientation. À mon retour, je me suis formée au reiki. J’ai ouvert un cabinet de naturopathie à Bondy où je propose des ateliers de ­reconnexion au ­féminin. Et je compte créer, avec d’autres thérapeutes, un lieu de ressourcement en région parisienne.

Les débouchés

Après vos études, vous pourrez installer votre cabinet de consultation. Mais il est possible d’intégrer une pharmacie ou une boutique bio pour aider les clients à trouver des produits tout en leur prodiguant des conseils d’hygiène de vie. Des animations en entreprise peuvent aussi être envisagées. Certains traiteurs bio, restaurants ou bar à jus peuvent requérir les services d’un naturopathe afin d’établir des recettes de santé. Et pourquoi ne pas donner des cours de cuisine ? À moins que vous ne préfériez exercer votre activité au sein d’un établissement thermal, d’un institut de thalassothérapie, d’un spa ou même d’un centre de jeûne et randonnée. Tout est ouvert.

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