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Partir en Inde pour une cure ayurvédique

Partir en Inde pour une cure ayurvédique

Dans une clinique, une pension de famille de médecins, un ashram ou encore un hôtel dédié aux soins, la cure ayurvédique en Inde offre une totale immersion dans la plus ancienne des médecines du monde. Voici nos conseils pour faire un beau voyage de santé.

Pour faire une cure ayurvédique, l’idéal est d’aller en Inde. C’est l’occasion de pratiquer l’ayurvéda de manière vraiment holistique et de bénéficier d’une équipe de thérapeutes sous la houlette d’un ou plusieurs médecins », déclare Joyce Villaume Le Don. Cette thérapeute a suivi un cursus ayurvédique complet en Inde.

Si, depuis la colonisation britannique, la médecine allopathique a pris le dessus, l’ayurvéda reste la deuxième médecine du pays. La science ayurvédique est prise très au sérieux par les pouvoirs publics, comme nous l’explique Joyce : « Le gouvernement indien finance des études scientifiques sur l’ayurvéda grâce à un budget annuel dédié. Les recherches sont menées sur tous les fronts des maladies chroniques et des cancers notamment. »

Cette médecine traditionnelle est devenue également une manne touristique, notamment dans le Kerala. Suivre une cure ayurvédique, c’est faire un voyage au pays du yoga, de la phytothérapie, des massages thérapeutiques, mais aussi de la méditation et d’une certaine spiritualité. Des pratiques que nous connaissons de mieux en mieux mais séparément et qui sur place vont permettre d’envisager notre santé comme un tout : corps, esprit et âme.

Les cliniques et centres ayurvédiques

La grande diversité des centres de soins est extraordinaire, du simple cabinet de médecin au magnifique établissement tout compris en pleine nature, le choix est large. Quand ils sont installés en ville, les médecins ont une salle de consultation et une salle de soins corporels où ils pratiquent des massages thérapeutiques aux huiles et aux plantes : le shirodhara contre l’insomnie et les pertes de mémoire, le shita vastra, un enveloppement amincissant du corps, etc.

Parfois ils peuvent mettre à disposition quelques chambres. Ces adresses sont très nombreuses en Inde : on trouve un médecin ayurvédique dans quasiment tous les quartiers. En revanche, les grands établissements – avec restaurant et chambres – sont conçus pour accueillir les étrangers qui souhaitent profiter de leurs vacances afin de faire une cure.

Joyce Villaume Le Don conseille ces lieux, notamment pour un panchakarma. Cette cure de nettoyage et de purification qui convient à tout le monde doit durer un minimum de dix jours. Elle se pratique en trois parties : purvakarma (évacuation des toxines par l’oléation et la sudation), pradhana karma (lavement par les plantes notamment) et paschata karma (diététique et compléments alimentaires).

Des cures pour tous les goûts

Dans le centre Madukkakuzhy situé à Parathode, dans le Kerala, tenu par une charmante famille de médecins ayurvédiques depuis huit générations, on excelle dans les soins traditionnels et dans la fabrication des médicaments sur place. L’un des fils médecins de la famille, le Dr Jobin Joy, explique : « Les plantes sont distillées ou préparées dans de grandes cuves, puis mélangées en suivant les protocoles ancestraux de l’ayurvéda. Dans cette région paisible de l’Inde, ce centre vit toute l’année au rythme des curistes-vacanciers. Notre jardin botanique expose les végétaux que l’on retrouve dans les préparations. 80 % des plantes sont cultivées par les fermiers locaux. »

Les appartements cosy et privatifs sont lotis au milieu des arbres et au cœur du domaine, un restaurant sert une cuisine entièrement ayurvédique, simple, délicieuse et végétale. Chaque personne y reçoit des aliments, des plantes et des épices selon son dosha (sa constitution), son état de santé et la cure qu’elle suit.

Cette médecine globale a plusieurs cordes à son arc : les massages (le plus célèbre en France est l’abhyanga), l’alimentation, les plantes, les soins corporels, les exercices respiratoires, les bains, la méditation ou encore le repos et la relaxation. Concernant le yoga, il n’est pas pratiqué pendant le panchakarma ou les autres cures ayurvédiques, il fait partie de l’hygiène de vie.

Un savant mélange

Il n’est pas rare de voir des cliniques accueillir des touristes pour des cures de deux semaines ou plus. Ils sont beaucoup plus confortables que les hôpitaux d’État. Certains peuvent porter le nom de resort, retreat ou même residency. Par exemple, le Sitaram Beach Retreat – qui a reçu le label du meilleur hôpital ayurvédique du Kerala – est un savant mélange d’ayurvéda traditionnel, de centre de recherches, mais aussi un laboratoire de médicaments ayurvédiques (soutenu par le gouvernement).

Au bord de la mer, dans un cadre enchanteur, sa douzaine de chambres accueille les touristes pour un panchakarma, un programme anti-stress ou une cure de yoga et d’ayurvéda de 7 ou 14 jours, voire plus. Autres lieux magnifiques : les Rajah Ayurveda Hospital, un groupement d’hôpitaux ayurvédiques avec chambres, restaurant et piscine. Tous les soins traditionnels y sont prodigués selon la constitution du curiste : l’udwarthanam est un massage à la farine de pois chiche et d’argile contre les problèmes de poids, le naranga kizhi est un massage contre la sciatique, le thalapothichil vise le stress chronique et l’anxiété.

Quant aux hôpitaux d’État, ce sont de vraies fourmilières. Un peu comme en France, ces hôpitaux sont organisés selon différents services : panchakarma, mais aussi dentisterie, obstétrique, ophtalmologie, médecin ORL, pédiatrie, psychiatrie, chirurgie. On y songera plutôt dans l’optique de soulager des maladies chroniques. Le cadre et le confort étant beaucoup plus spartiate, l’invitation au voyage sera alors reléguée au second plan.

L’ayurvéda en ashram

À la base, un ashram est conçu pour développer la spiritualité, comme celui de la célèbre Amma à Amritapuri, dans le Sud de l’Inde. Le logement est gratuit ou très abordable et chacun participe à la vie en communauté où les journées sont rythmées par les méditations, les prières et les repas. À leur tête, on trouve des gourous : en Inde ce mot désigne un sage, homme ou femme, qui œuvre pour la paix et participe grandement à la vie en société.

C’est le cas de Sri Sri Ravi Shankar : ses ashrams (à Bangalore, à Bodhgaya et à Trivandrum) sont dédiés à l’ayurvéda et à la santé globale, incluant un aspect spirituel. L’ayurvéda est une médecine divine par essence, comme nous l’explique Joyce : « Nous, Occidentaux, parlons plutôt de développement personnel. Cependant, cette dimension spirituelle devrait être transmise : la maladie n’est pas uniquement quelque chose de physique, mais les plans psychique et spirituel doivent absolument être traités, déjà pour donner du sens à la maladie. Et afin que cette maladie devienne un allié plutôt qu’un ennemi. Ainsi, pour que l’esprit collabore avec la guérison, on va passer par la méditation. Il existe aussi des mantras indiens. » Sri Sri Ravi Shankar commence à être connu en France, il a ouvert une vingtaine de centres Art de Vivre dédiés au yoga, méditation, cuisine, etc. (www.artofliving.org).

Choisir une cure

La cure Panchakarma visant à un nettoyage complet de l’organisme est intéressante à plusieurs titres quand elle est suivie en Inde. « Pouvant durer plusieurs semaines, elle propose tous les soins ayurvédiques authentiques. Le climat est idéal pour accompagner une cure de panchakarma, car la chaleur et l’humidité ouvrent les pores de la peau et les canaux du corps, ce qui favorise la détoxification. De plus, les médecins – après des études de 5 à 7 ans – proposent des soins de pointe, la pharmacopée complète, des traitements ciblés et personnalisés. Ils préviennent facilement les éventuelles complications liées aux cures de nettoyage », explique Joyce Villaume Le Don.

D’autres types de cure peuvent être proposées : en prévention, on agit sur le stress, la fatigue, l’insomnie, le surpoids, la détox... Une cure permet aussi de traiter les problèmes post-opératoires, les convalescences post-cancer, les pathologies cutanées (psoriasis, eczéma), ORL (sinusite chronique), certains problèmes neurologiques, les pertes de mémoire ou encore les désordres nerveux ou sexuels.

Pour les personnes malades, mieux vaut se renseigner sur les médecins et les prestations avant de partir, et chercher des spécialistes dans le domaine qui les concerne (maladies chroniques, maladies dégénératives ou cancers). Surtout, en cas de maladie, on sera particulièrement attentifs aux conditions de confort et d’hygiène.

Aller plus loin

  • Sur le site français ayurvedavoyages.com (conçu pour les Occidentaux), près de 120 centres ayurvédiques sont répertoriés selon le confort, le charme, la situation (bord de mer, piscine). Ils ont tous été visités par le créateur du site.
  • Parmi les centres traditionnels familiaux, on peut citer Madukkakuzhy (ayurveda-kerala.org), pour les cliniques, le Sitaram Beach retreat (sitaramretreat.com)
  • Plus luxueux : la chaîne d’hôtels ayurvédiques et les cliniques CGH Earth est une référence pour des vacances somptueuses avec yoga, méditation et centre ayurvédique tenu par un médecin (cghearth.com) ou encore les Rajah Ayurveda Hospital (ayurvedichospital.com)
  • Certains hôpitaux se font connaître pour des disciplines médicales pointues, comme des accompagnements en cas de cancer, tel l’hôpital Divyajyot Ayurvedic Research Foudation, conseillé par Joyce Villaume Le Don. Il est situé à Ahmedabad dans le Gujarat (ayuconsult@hotmail.com).
En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
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