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Plus d'autonomie dans ma féminité (2/6)

Comprendre le fonctionnement du cycle menstruel, mieux appréhender les règles ou les désagréments liés à la ménopause, rééquilibrer la flore vaginale… Il est temps pour les femmes de retrouver du pouvoir sur leur corps. Et dans cette quête vers une meilleure connaissance de soi, le monde végétal est un allié de choix !

Le cycle féminin

S'approprier son cycle

Tout comme la lune et ses quartiers ou la mer et ses marées, la vie des femmes est rythmée par ses cycles hormonaux. Ces derniers se déroulent en quatre étapes. La première phase dite menstruelle correspond aux règles. L’endomètre qui borde l’utérus se désagrège et entraîne des saignements. Ensuite, ce dernier se reforme sous l’effet des œstrogènes durant la phase préovulatoire. Vient alors la période d’ovulation : les ovaires libèrent un ovule qui pourra ou non être fécondé. Puis, vient la dernière phase dite prémenstruelle. S’il y a absence de fécondation de l’ovule par un spermatozoïde, le taux de l’hormone progestérone chute, ce qui provoque les règles et le début d’un nouveau cycle.

Mais trop d’ouvrages de physiologie font des cycles réguliers une normalité. « L’idée selon laquelle un cycle normal est rythmé par des règles tous les vingt-huit jours avec une ovulation au quatorzième jour est un dogme, non une réalité scientifique », explique Martin Winckler, médecin généraliste spécialiste de la santé des femmes dans son nouvel ouvrage C’est mon corps. L’ovulation au quatorzième jour après les règles ne survient en effet que chez 40 % des femmes et pour la majorité, le cycle varie entre vingt et un et trente-cinq jours. « Le mode de vie se répercute sur le cycle. Tous les chocs émotionnels – fatigue, pratique du sport à outrance ou mauvaise hygiène alimentaire – peuvent le perturber. ­Pendant le confinement, beaucoup de femmes se sont retrouvées avec des cycles inhabituels », explique Fabienne Goddyn, naturopathe et auteure de l’ouvrage Phytothérapie de la femme. Des irrégularités propres à chaque femme et qui ne dépendent pas toujours d’un facteur génétique. « On n’est pas sûr que ­l’hérédité joue sur l’arrivée ou la durée des cycles. Il n’y a donc rien d’anormal à ne pas être réglée au même âge que sa mère », poursuit Martin Winckler.

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Cultiver sa fertilité

D’autre part, connaître son cycle permet de gérer plus ­facilement sa fertilité, que ce soit pour concevoir ou pour éviter une ­grossesse. Grâce à la méthode sympto­thermique fiable à 98 % il est possible de détecter les périodes fertiles chez la femme (trois à quatre jours avant l’ovulation et jusqu’à un jour après celle-ci). Il s’agit de combiner, tout au long du cycle, l’observation de la glaire ­cervicale (mucus sécrété au niveau du col de l’utérus), de la courbe de température qui augmente sous l’effet de la progestérone le jour de l’ovulation et de palper l’utérus. Melissa ­Carlier, kinésithérapeute et formatrice en symptothermie l’a expliqué, lors du Sommet du cycle menstruel : « Les saignements sont la seule chose que l’on repère, mais on peut identifier d’autres symptômes entre deux périodes de règles ». Pour ce faire, on surveille sa température chaque matin au réveil, sous la langue les lèvres pincées ou par voie vaginale ou anale durant une minute, avec un thermomètre à deux chiffres après la virgule. On observe aussi la glaire cervicale avec ses doigts. « Après les règles, la glaire est gluante, crémeuse et la température du matin est assez basse durant en moyenne six jours. Puis la glaire devient peu à peu transparente et filante. C’est le signe que l’ovulation se prépare. » Dans le même temps, le col de l’utérus devient plus mou et ses parois se resserrent afin de faciliter le ­passage des spermatozoïdes. « En phase d’ovulation, la glaire devient glissante comme du blanc d’œuf et la température s’élève de 0,2 à 0,4 °C ­environ, sous l’influence de la progestérone », poursuit-elle. Une fois l’ovulation passée, la température redescend et la glaire devient séchante, cassante et jaunâtre. Et, bonne nouvelle, cette méthode peut se pratiquer en cas de cycles irréguliers. « En symptothermie, on ne compte pas les jours, on se fie aux signaux du corps. Les applis mobiles statistiques sur le suivi du cycle ne tiennent pas compte de la réalité », confie Fabienne ­Goddyn. Comme outil de contraception naturelle, optez donc pour l’appli mobile Sympto, fondée sur la méthode sympto­thermique.

Enfin, comprendre son cycle, c’est aussi dédramatiser ses épisodes de déprime, souvent corrélés à une chute hormonale avant l’arrivée des règles, ou s’expliquer une sensation d’énergie créatrice soudaine au moment de l’ovulation quand les taux hormonaux sont au plus haut. Fabienne ­Goddyn conseille ­d’accueillir ces ­ressentis avec ­bienveillance, ce qui n’empêche pas d’harmoniser les variations ­hormonales liées au cycle grâce à certaines plantes ­régulatrices et ­rééquilibrantes. « J’aime l’huile d’onagre anti-inflammatoire (deux ­capsules huileuses de 500 mg), à consommer tout au long du cycle ; le ­bourgeon de ­framboisier à prendre de la fin des règles jusqu’aux ­suivantes (trois gouttes, puis augmenter par paliers de deux jours jusqu’à atteindre la dose d’effet optimal) ou la décoction de romarin (trois cuillères à soupe dans 1,5 litre d’eau, par jour) sur cette même période. » Avant l’arrivée des règles, elle recommande l’infusion de camomille allemande ou romaine (30 g de fleurs pour un litre d’eau pendant dix minutes à boire en trois ou quatre fois). « Cela aide le corps à se nettoyer des toxines », détaille-t-elle. Pour maintenir l’équilibre émotionnel avant l’arrivée des règles, les formules ­olfactives à base d’huiles essentielles de sauge sclarée et de lavande officinale permettent également de réduire les troubles de ­l’humeur.

Exit les protections hygiéniques !

Et si on apprenait à contrôler ses ­menstruations ? C’est à partir de cette idée qu’est né le flux instinctif libre ou « free flow ». Explication : généralement fermé, le col de l’utérus ne s’ouvre que pour laisser s’évacuer les règles. Durant ces quelques jours, le sang ne s’écoule cependant pas en continu et il est ­naturellement maintenu dans les cavités du col jusqu’à ce qu’elles soient pleines. En étant attentive, on peut reconnaître les signaux qui nous indiquent que le sang va être relâché. Il suffit alors de le libérer en se rendant aux toilettes. Petit à petit, on se passe de protection périodique. Bien sûr, cela ne s’acquiert pas en un cycle. Et il faudra quelques mois pour identifier les bons moments.

Un régime cyclique

La durée du cycle possède des liens avec l’alimentation. En effet, selon une étude espagnole, les femmes suivant un régime méditerranéen voient leur cycle menstruel devenir plus court. À l’inverse, l’étude ­rapporte qu’une consommation d’alcool pourrait rallonger la longueur du cycle. De son côté, l’auteure Fabienne Goddyn recommande, dans son livre Phytothérapie de la femme, d’adapter son alimentation aux phases du cycle menstruel. Selon elle, lors de la phase préovulatoire et ovulatoire, le corps digère et assimile facilement les nutriments. C’est le moment idéal pour faire le plein de protéines et de lipides riches en oméga-3 : œufs, noix, amandes, huile de colza… En phase prémenstruelle, le métabolisme ralentit et les besoins nutritionnels diminuent. On peut alors prévenir ­d’éventuelles carences liées à l’arrivée des règles en optant pour des aliments riches en ­magnésium, en fer et en vitamine : des bananes et des fruits à coque, par exemple.

Libido inégale, pas anormale

De nombreuses sont les femmes rencontrent des variations de libido au cours du mois, et ce ­phénomène est normal. Bien que le désir soit lié à plusieurs facteurs ­(environnementaux, sentimentaux, stress), les ­hormones peuvent ­exercer une influence sur la libido. La preuve en est, la baisse de désir est l’un des effets secondaires de la pilule ­contraceptive. Au cours du cycle, on peut ­ressentir des pulsions comme des baisses de désir, avant, ­pendant ou après l’ovulation, corrélées à nos variations hormonales. Toutefois, en cas de panne de libido prolongée, certains végétaux peuvent stimuler la sexualité comme l’angélique (Angelica sinensis) ou les baies de Schisandra chinensis (wu wei zi) qui exacerbent les sensations. Enfin, l’huile essentielle d’ylang-ylang en olfaction invite au lâcher-prise et à l’expression de sa sensualité.

L’autopalpation des seins

En dehors des examens pratiqués par les gynécologues, les femmes à partir de 25 ans peuvent s’autopalper les seins afin de dépister précocement d’éventuelles anomalies ­(douleurs, ­grosseurs, peau d’orange). Lors du Sommet d’autonomie ­gynécologique, Eugénie Tabi, formatrice en symptothermie a détaillé les bons gestes à pratiquer après les règles.

  • L’observation : face à un miroir, lever les bras et poser les mains ­derrière la tête. Regarder l’aspect de la poitrine sur son contour. Se ­pencher en avant, regarder si les contours présentent des irrégularités.
  • La palpation : bras droit levé, palper avec la pulpe des trois doigts du milieu de la main gauche, en partant du mamelon jusqu’à l’extérieur du sein, en formant des lignes droites. Ensuite, partir du haut de l’aisselle, palper le sein de haut en bas dans des plans parallèles. Enfin, à partir du haut de l’aisselle, palper le sein en tournant en spirale. Terminer par l’examen du mamelon en pinçant l’aréole.
En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
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